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athena - [Athena] FW: AAC Enseignement technique en contexte colonial

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Objet : Histoire des techniques

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[Athena] FW: AAC Enseignement technique en contexte colonial


Chronologique Discussions 
  • From: cédric perrin <cp2002 AT orange.fr>
  • To: <athena AT services.cnrs.fr>
  • Subject: [Athena] FW: AAC Enseignement technique en contexte colonial
  • Date: Sat, 05 Jul 2014 12:00:11 +0200

Title: FW: AAC Enseignement technique en contexte colonial

Appel à contributions

L’enseignement Technique en contexte colonial


 

Dossier coordonné par Cédric Perrin (IDHES, Université d’Evry-Val d’Essonne)
 et François Wassouni (Département d’Histoire, Université de Maroua).


 

 
La dynamique de l’industrialisation en Europe occidentale a fait naître, dans les entreprises, des besoins en main d’oeuvre qualifiée et donc formée. La mise en place,  dans cet espace, de systèmes d’enseignement technique et professionnel à la fin du XIXè siècle et au début du XXè siècle répond à cet enjeu fondamental. En France, par exemple, la loi Astier de 1917 consacre l’intervention de l’Etat en la matière avec la création du Certificat d’aptitude professionnel (CAP)[1] . Or, c’est dans ce même temps que des Etats européens se sont engagés dans la conquête coloniale. L’élaboration de l’enseignement professionnel dans les métropoles européennes a-t-il trouvé un prolongement dans les empires coloniaux ? Les colonisateurs européens ont-ils emmenés avec eux leurs systèmes d’enseignement professionnel pour les diffuser dans les espaces colonisés ? La rhétorique auto-justificatrice d’une colonisation porteuse de progrès pourrait laisser le croire. Mais, il est désormais acquis que les réalisations furent en réalité bien limitées. En matière scolaire, l’empire colonial français, par exemple, ne comptait en tout et pour tout que trois universités, à Hanoï, à Alger et à Dakar, encore cette dernière ne fut-elle fondée (1957) que très tardivement (L’Afrique occidentale française – AOF – est indépendante en 1960). La colonisation a bien davantage contribué à figer qu’à progresser, quand elle n’a pas détruit ce qui existait avant elle. L’entreprise de domination culturelle qu’est la colonisation[2] s’avère ainsi peu compatible avec une politique de scolarisation ambitieuse. Cependant, les considérations économiques sont aussi l’une des motivations fortes de la colonisation. L’exploitation économique des colonies appelle une main d’œuvre qu’il a bien fallu former. En outre, il convient de ne pas penser les économies des pays colonisés seulement au regard de la colonisation. D’origine coloniale ou pas, les entreprises de ces pays ont également besoin de salariés qualifiés et formés. La formation de ces derniers se révèle là aussi être un enjeu majeur. Dans quelle mesure, les empires coloniaux en ont pris la mesure ? L’absence de réalisation en matière d’enseignement professionnel ne serait-elle pas un des facteurs qui a freiné, voire bloqué, le développement économique des pays placés sous domination coloniale ?

Le thème de ce dossier se situe ainsi au point de rencontre de deux courants de recherches qui se sont développés depuis la fin du XXè siècle : l’histoire de l’enseignement, et plus spécifiquement de l’enseignement technique d’une part, et l’histoire du colonialisme et des empires coloniaux d’autre part. Ces deux historiographies se sont vigoureusement développées chacune de leur côté et elles ont suscité de nombreux travaux, mais elles se sont en revanche rarement rencontrées jusqu’à présent. Ce n’est que très récemment que quelques travaux se sont penchés sur l’enseignement professionnel dans le monde colonial. On pourra citer, à titre d’exemple, le travail de Pascale Barthélémy sur la formation d’environ un millier d’infirmières, de sages-femmes et d’institutrices en Afrique de l’Ouest[3] . Le colloque organisé pour les cent ans de l’ENS Cachan s’est intéressé aux prolongements de cette institution en Afrique (à Oran et Douala notamment), mais essentiellement pour une période postérieure à la colonisation[4] . Il reste pour l’instant de très nombreuses lacunes et d’importantes zones d’ombre dans la connaissance de l’enseignement technique en contexte colonial.

L’ambition de ce dossier est donc d’éclairer un domaine de recherche encore peu exploré par les historiens. Nous attendons plus particulièrement des propositions sur les pratiques d’enseignement technique et professionnel, la création de filières de formation, de cursus et de diplômes, dans les activités industrielles ou les services marchands. Il serait intéressant d’étudier la politique coloniale en matière d’enseignement technique et ses différents contours, d’analyser la physionomie de cet ordre d’enseignement technique dans tel ou tel territoire. Il conviendra aussi de s’intéresser aux acteurs de cet enseignement : les Etats, les entreprises, les associations patronales, voire d’autres institutions engagées dans les colonies, comme les missions religieuses. L’importance respective de l’enseignement technique scolaire, de l’apprentissage en entreprise et de l’apprentissage informel mériterait d’être précisée. L’investissement des entreprises, dont les entreprises artisanales, et leurs relations avec la puissance publique, dans cette mise en ordre d’un enseignement technique sont aussi des voies à explorer. S’agissant d’espaces dont les économies restent dominées par le secteur primaire, la question de l’enseignement agricole pourrait aussi être envisagée. Les empires coloniaux ne sont pas des blocs uniformes, mais un patchwork de statuts et d’expériences différentes. Des comparaisons entre colonies seraient bienvenues pour rendre compte de cette diversité. Les empires sont aussi des espaces de circulation, entre les métropoles et les colonies, mais aussi entre les colonies elles-mêmes, parfois indépendamment des dynamiques métropolitaines. On pourra donc s’interroger aussi sur les influences réciproques et le croisement des expériences.


[1] Guy Brucy, Fabienne Maillard, Gilles Moreau (dir.), Le CAP. Un diplôme du peuple 1911-2011, Presses Universitaires de Rennes, Rennes, 2013.

[2] Ann Laura Stoler, Frederick Cooper, Repenser le colonialisme, Payot, Paris, 2013.

[3] Pascale Barthélémy, Africaines et diplômées à l’époque coloniale (1918-1957), Presses Universitaires de Rennes, Rennes, 2010.

[4] Florent Le Bot & alii, L’ENS Cachan. Le siècle d’une grande école pour les sciences, les techniques, la société, Presses universitaires de Rennes, Rennes, 2013.

 

Le dossier sera publié dans la revue en ligne Artefact. Techniques, histoire et sciences humaines : http://techniqcak.hypotheses.org/1176.

Les articles seront de 30 000 signes (notes de bas de page compris).

 

Calendrier :

 

# Envoi des propositions (2000 signes) avant le 26 juillet 2014.

Les propositions sont à envoyer à cette adresse de courriel : cp2002 AT orange.fr
 

# Envoi de la première version des articles pour le 28 novembre 2014.

 
# Parution prévue dans le n°3 de la revue en septembre 2015

 







  • [Athena] FW: AAC Enseignement technique en contexte colonial, cédric perrin, 05/07/2014

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