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athena - [ATHENA] Théorie des ensembles et théologie : l'Anselme de Jules Vuillemin (Nancy, 12 février 2018)

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Subject: Histoire des techniques

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[ATHENA] Théorie des ensembles et théologie : l'Anselme de Jules Vuillemin (Nancy, 12 février 2018)


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  • From: Baptiste Mélès <baptiste.meles AT gmail.com>
  • To: educasup.philo AT ml.free.fr, theuth AT listes.univ-rennes1.fr, athena AT services.cnrs.fr, emetis AT listes.univ-paris1.fr
  • Subject: [ATHENA] Théorie des ensembles et théologie : l'Anselme de Jules Vuillemin (Nancy, 12 février 2018)
  • Date: Fri, 26 Jan 2018 11:17:43 +0100
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Chers amis, chers collègues,

Une journée d'études intitulée

« Théorie des ensembles et théologie : l'Anselme de Jules Vuillemin »

aura lieu le lundi 12 février 2018 de 10 heures à 18 heures aux Archives
Henri-Poincaré (Nancy).

Elle sera consacrée à l'ouvrage de Jules Vuillemin /Le Dieu d'Anselme et
les apparences de la raison/ (Paris, Aubier, 1971). Analysant dans cet
ouvrage les démonstrations anselmiennes de l'existence de Dieu à la
lumière des paradoxes de la théorie naïve des ensembles, Vuillemin
dégage de cette comparaison une « critique du réalisme philosophique,
porté à ses conséquences extrêmes ».


Lieu :

Archives Henri-Poincaré—Philosophie et Recherches sur les Sciences
et les Technologies (AHP-PReST)

Salle Internationale (salle 324, 3e étage)
Maison des Sciences de l'Homme
91 avenue de la Libération
54000 Nancy


Programme :

10h00 : Accueil

10h15 : Jean-Pierre DESCLÉS (Université Paris-Sorbonne, LaLIC), « L'Unum
Argumentum d'Anselme n'est pas un argument ontologique »

Dans Desclés 2017 (Desclés, « A Logical Analysis of the Anselm’s Unum
Argumentum (from Poslogion) », Logica Universalis 11, pp. 105-119,
2017), l’Unum Argumentum du Proslogion a été analysé dans le
formalisme de la Logique Combinatoire typée de Curry (Curry & Feys,
/Combinatory Logic/, North Holland, Amsterdam, 1958 ; Curry & Hindley,
Seldin, /Combinatory Logic/, volume II, North Holland, Amsterdam,
1972). La Logique Combinatoire typée (LC) doit être pensée, selon
nous, comme étant une Logique d’opérateurs quelconques dans laquelle
des opérateurs abstraits (appelés « combinateurs ») composent et
transforment les opérateurs par une voie intrinsèque, c’est-à-dire
indépendamment de toute référence aux domaines sur lesquels les
opérateurs, composés ou transformés, agissent ; les types des
opérateurs et les schémas de types des combinateurs sont les types
fonctionnels de Church — voir une présentation de la LC en français
dans Desclés & Guibert, Sauzay, « Logique combinatoire et
$\neg$-calcul : des logiques d’opérateurs », Cépaduès, Toulouse,
2016 ; et dans Desclés & Guibert, Sauzay, « Calculs de significations
par une logique d’opérateurs, (*) Vers une logique d’opérateurs ; (**)
Concepts et schèmes analysés par la logique combinatoire », Cépaduès,
Toulouse, 2016). Avec la LC, il devient possible de construire, dans
une approche non extensionnelle, des prédicats complexes à partir de
prédicats plus élémentaires et également de définir les bases d’une
Logique d’Objets plus ou moins Déterminés (LDO : cf. Desclés & Pascu,
« Logic of Determination of Objects (LDO) : how to articulate
“extension” with “intension” and “objects” with “concepts” », Logica
Universalis, 5 (1), pp. 75-89, 2011). Le premier argument d’Anselme
part d’un objet indéterminé, exprimé dans la langue naturelle par « id
quo nihil majus cogitari possit » ; cet objet est déterminé en
intension par une propriété qualifiante (qui n’est pas extraite de
l’essence du concept analysé) ; cet objet représente le concept
« être-Dieu » en tant qu’objet relativement indéterminé qui
n’appartient pas /a priori/ à l’extension de ce concept. L’argument
vise à prouver qu’à cet objet indéterminé, dont on peut mettre en
doute l’existence (propos de l’Insipiens), a de fait un correspondant
qui existe dans l’extension. Le second argument, qui établit à propos
de cet objet indéterminé « Quod non possit cogitari non esse »,
argumente sur la nécessité de l’existence de cet objet. Notre analyse
logique de ces deux arguments fait appel à des « déductions
naturelles » qui fonctionnent avec des propriétés composées entre
elles dans le formalisme de la LC; cette analyse aboutit à une
discussion sur la signification de la notion « plus grand que » qui
porte, selon nous, sur une comparaison entre des propriétés et non sur
une comparaison entre des objets. Cela nous conduit à considérer que
l’Unum Argumentum n’est pas un « argument ontologique » qui porterait
sur des objets extensionnels à partir d’une propriété de l’essence
pour aller vers l’existence : Anselme, tout comme l’Insipiens, ne
connaît pas quelle est l’essence du concept « être-Dieu » et ne peut
donc partir de celle-ci.

Dans mon exposé, je rappellerai très brièvement quelques
caractéristiques de la LDO (une logique d’objets plus ou moins
déterminés) et la nature profonde de la LC (une logique d’opérateurs
quelconques), illustrée par son expression du « paradoxe de Russell ».
Seront présentées dans ces formalismes les « déductions naturelles »
des deux arguments du Proslogion. Cette analyse logique sera comparée
à certains points de l’analyse de Jules Vuillemin qui fait appel aux
concepts extensionnels de la théorie des ensembles. Au passage, il
sera souligné que pour une analyse logique de concepts philosophiques
exprimés dans une langue naturelle, la LC présente certains avantages
par rapport au formalisme purement extensionnel de la théorie des
ensembles.


11h15 : Joseph VIDAL-ROSSET (Université de Lorraine), « Les preuves "par
les effets" de l'existence de Dieu chez Anselme et chez Descartes »

Dans /Le Dieu d'Anselme et les apparences de la raison/, Vuillemin
affirme que la preuve théologique d'Anselme est une preuve « par les
effets exclus ». En la décrivant ainsi, il rapproche la preuve
d'Anselme de la première preuve de l'existence de Dieu que Descartes
donne dans la /Troisième Méditation/. Il confirme d'ailleurs ce
rapprochement en soulignant plus loin « la parenté entre Anselme et
Descartes [sur] l'étroite subordination des vérités à l'ordre des
raisons ». En analysant l'argument d'Anselme et en le comparant à
celui de Descartes, on s'interrogera sur la justification de ce
rapprochement.


14h00 : Paul CLAVIER (Université de Lorraine), « Anselme vu par
Vuillemin : un argument « épistémologique » ? »

Jules Vuillemin définit la preuve d’Anselme comme « une preuve par les
effets exclus », soulignant la présence caractéristique d'une
« prémisse négative et épistémologique », contrairement à
« la prémisse positive et dogmatique » de la preuve ontologique
classique. Vuillemin nous invite à méditer sur ce caractère
« épistémologique » et le défi qui l'accompagne : la traduction d’une
situation cognitive ou d’un fait épistémique (l’insensé pense (à)
« ens quo majus cogitari nequit ») en langage ontologique : « ens quo
majus cogitari nequit » est dans l’intellect de l’insensé.


15h00 : Sylvain ROUDAUT (Académie d'Orléans), « La gradatio et le
postulat du parfait dans la preuve d'Anselme selon Vuillemin »

La communication portera sur l’analyse livrée par Vuillemin du rôle
joué par le « postulat du parfait » dans l’économie de la preuve
d’Anselme. La critique par Vuillemin de la portée de la preuve
anselmienne repose en partie sur l’interprétation de ce que l’auteur
considère comme un postulat, qui n’est pas complètement explicité dans
le Proslogion. Disséquant ce postulat en évaluant son caractère
platonicien, et complétant son analyse par des passages du Monologion
relatifs au thème de la gradatio, Vuillemin établit dans les deux
dernières parties de l’ouvrage, en s’appuyant sur une analogie avec
certaines constructions mathématiques, l’illégitimité de ce principe
en contexte théologique. La communication se proposera d’évaluer dans
un premier temps l’analyse vuilleminienne de ce postulat en discutant
la compréhension implicite de la gradation des perfections qu’elle
suppose. On analysera ensuite le lien du « postulat du parfait » aux
argumentations par la régression à l’infini qui ne doivent
caractériser selon Vuillemin que les preuves a posteriori de
l’existence d’un premier principe. Si elle convient à la compréhension
anselmienne de la notion de perfection, et à la preuve du Proslogion,
on montrera les limites de cette interprétation pour rendre compte
d’autres preuves médiévales de l’existence de Dieu.

16h15 : Cyrille MICHON (Université de Nantes, CAPHI) et Jean-Baptiste
GUILLON (Collège de France), « L'argument d'Anselme comme argument
conceptuel et sa prémisse de concevabilité »

Afin de situer la discussion de Vuillemin, nous commencerons par
exposer une brève classification des types d’arguments ontologiques et
des types de réponses à ces arguments. Il s’avère que l’argument
d’Anselme (tel qu’il est interprété par Vuillemin) appartient à la
catégorie des arguments conceptuels, et que la réponse de Vuillemin
est une réponse directe qui s’en prend à la vérité d’une des prémisses
de l’argument (la prémisse de concevabilité) et non à sa validité.
Nous donnerons une présentation formelle de l’argument qui permet de
mettre en évidence sa validité et la prémisse mise en cause par
Vuillemin. Nous nous concentrerons ensuite sur la troisième partie du
livre de Vuillemin, dans laquelle il attaque la prémisse de
concevabilité en soutenant que la description anselmienne mène à des
antinomies. Après avoir rappelé la démarche de cette troisième partie,
nous proposerons une discussion critique de l’argument du §15, le cœur
du livre à notre sens, où Vuillemin met en évidence « l’antinomie
mathématique » à laquelle conduit d’après lui la description
anselmienne.

17h15 : Discussion générale


Contact :

Baptiste Mélès <baptiste.meles AT univ-lorraine.fr>


Cette journée d'études est financée par le projet ANR VUILLEMIN
<ANR-17-CE27-0017-01>.


Très cordialement,

Baptiste Mélès.

--
Baptiste Mélès
CNRS (Chargé de recherche / Researcher), Université de Lorraine,
Archives Henri-Poincaré — PReST (UMR 7117)
91 avenue de la Libération, 54000 Nancy, France
/Philosophia Scientiæ/ (Rédacteur en chef adjoint / Managing editor)
http://baptiste.meles.free.fr/


  • [ATHENA] Théorie des ensembles et théologie : l'Anselme de Jules Vuillemin (Nancy, 12 février 2018), Baptiste Mélès, 01/26/2018

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